Émotion

France ADOT 34 - Témoignages reçus.

 

Témoignages de greffés

Témoignage Témoignage Témoignage Témoignage

Veuillez patienter, l'ouverture des vidéos peut prendre un moment

 

Sabrina

Montpellier le 13 avril 2016
Un matin ordinaire

Un homme quelque part dans le monde s'est levé un matin ordinaire. il a vaqué à ses occupations habituelles, puis s'est rendu à un rendez-vous. Il avait été convoqué quelques jours auparavant depuis qu'il avait rempli un simple formulaire.

Il s'est donc rendu au rendez-vous où on lui a fait une prise de sang. Quelque jours plus tard, il recevait un petit carton avec de drôles de chiffres, une sorte de carte d'identité de son sang.

Il était devenu veilleur de vie !

Ce matin, presque ordinaire, ce même jeune homme, quelque part dans le monde a de nouveau rendez-vous à l'hôpital.

Il va faire un don de moelle osseuse.

Il a peut-être un peu d'appréhension, a du composer avec son emploi du temps pour se rendre disponible, mais il sait que c'est un geste important.

Dans quelques jours, ma maman va recevoir ce don.

Nous ne rencontrerons jamais ce jeune homme, nous ne pourrons jamais le remercier de lui offrir la chance de continuer à vivre.

Mais nous penserons souvent à lui et il sera un peu avec nous dans chaque moment de bonheur."

Sabrina fille de Patricia greffée.

 

Madame Marie-Jeanne ALASTUEY

Il y a dix huit mois, le 26 juin 20012, j'ai bénéficié d'un don d'organes, j'ai reçu la transplantation d'un foie et d'un rein à l'Hôpital Saint Eloi de Montpellier. Atteinte d'une maladie génétique, chronique, évolutive et incurable, la polykystose hépato-rénale, après des mois de dégradation de ma santé, un développement très rapide des kystes sur mes reins et sur mon foie, une insuffisance rénale grade V, nous avions entamé les démarches pour un don de rein entre mon mari et moi. Mon corps s'épuisait, j'ai du être dialysée le 10 mai, les séances se passaient très mal et j'ai été hospitalisée le 4 juin dans un état de décompensation hépatique. J'étais inscrite pour une greffe de rein depuis 10 mois à l'agence de Biomédecine, mais mon état est devenu tellement grave que le 6 juin, j'étais en première place sur la liste d'attente pour une double greffe foie-rein. Puis dans la nuit du 25 au 26, la nouvelle est arrivée « Madame, nous avons des organes pour vous, on vous emmène au bloc » j'étais à peine consciente.

Après 11 heures d'intervention et quelques jours en réanimation, j'ai pu prendre conscience que j'étais sauvée grâce à ce don. J'ai ressenti à ce moment là une immense reconnaissance d'abord pour mon donneur et sa famille, puis envers la nombreuse et talentueuse équipe chirurgicale de Saint Eloi qui a réalisé cette intervention incroyable.

Je suis sortie de l'hôpital le 3 août, j'ai pu retrouver mon mari et mes quatre enfants qui ont été un soutien sans faille et d'un courage exemplaire. Le 8 octobre, encore un peu fatiguée, j'ai pu reprendre mon activité professionnelle et me remettre au service des autres avec bonheur.

Chaque jour, je me sens redevable et j'ai encore plus à cœur de donner, mon temps, mon énergie, mon sourire, tout ce que je peux tellement je ressens la chance inouïe que j'ai d'être en vie chaque jour.

Militer en faveur du don d'organes c'est ma façon d'exprimer ma gratitude à la famille de mon donneur qui m'a permis d'être vivante aujourd'hui mais aussi tous les donneurs et leurs familles qui en vivant une tragédie sont capables de faire ce don. S'il n'est pas aisé de donner, il n'est pas non plus simple de recevoir, de se dire que notre maintien en vie fait suite à la disparition d'une autre vie. Bien sûr pendant cette campagne pour le don d'organes, vous pouvez vous poser la question de savoir si vous pourriez être donneur, mais vous pouvez aussi penser qu'un jour peut-être vous pourriez être receveur.

Soyons donneurs d'organes, donneurs de vie.

Marie-Jeanne Alastuey - 12100 Millau
18 décembre 2013

Monsieur Erwan ALLIN

Témoignage

A l'occasion du passage du "Rallye des Gazelles", Erwan ALLIN est venu à Millau pour témoigner de son vécu. LIRE

Madame Marie-Françoise LEHUT

 

Février 2012, j'apprends que je suis atteinte d'une maladie grave du foie une hépatite sévère. Ma seule issue c'est une greffe. Trouver un greffon est un acte de dernière chance, une course contre la montre.

Je suis alors préparée psychologiquement et le dialogue s'instaure entre l'équipe médicale et ma famille. On y croit. Le 26 mars 2012, on m'apprend à minuit que l'on a trouvé un donneur, j'ai l'impression de vivre un rêve, mais non c'est la réalité je vais être transplantée. Je ressens une telle joie, un tel bonheur que je réveille mes proches en pleine nuit pour qu'ils partagent ma joie.

L'intervention durera dix heures. A mon réveil, tout va bien, je suis calme et sereine et puis tout se met en place dans ma tête. J'ai une deuxième chance, une deuxième vie grâce au don d'un inconnu. Je ne peux que penser à lui car il est mon sauveur, même si en ce moment au travers d'une terrible épreuve ses proches ne ressentent que de la peine après la perte d'un être cher.

Le chirurgien qui a pratiqué la greffe vient m'annoncer la réussite de l'intervention. Tout s'est remarquablement passé. Bien sûr, par la suite j'aurais des soins continus et un traitement anti-rejet à vie, mais je suis là et lui aussi est là. Mes enfants ont à nouveau le sourire, ma famille aussi. Le foie de cet inconnu est en moi, il m'a redonné la vie. Il revit à travers moi et j'en suis très fière.

Aujourd'hui, j'ai repris une vie normale. Je vois grandir ma petite fille, j'ai un moral d'acier et j'espère que bientôt le monde du travail m'ouvrira à nouveau les bras.

En attendant, j'ai intégré l'association FRANCE ADOT 34 qui se mobilise pour sensibiliser le public sur le don d'organes. J'y ai rencontré une équipe formidable. Il y a 30 ans, j'avais pris ma carte de donneur d'organes à la foire de Montpellier. Qui eût cru à cet instant que j'aurai besoin d'une greffe 26 ans plus tard ?

Marie-Françoise LEHUT

 

Témoignages de Donneurs

 

Monsieur Henri PEPICQ

 

Depuis plusieurs années, je milite pour cette cause au sein de l'ADOT : Association départementale pour l'information sur le don d'organes et de tissus humains.

Mon implication n'est pas fortuite.

Des circonstances malheureuses m'ont conduit, bien des années après qu'elles se soient produites, à m'investir pour que d'autres ne soient pas désemparés lorsque survient un décès.

Jeudi 7 avril 1994, à Mourmelon. Début d'après-midi : notre fils de 9 ans, Benjamin, rejoint son école, distante de quelques centaines de mètres, près de Châlons-sur-Marne.

Il n'y arrivera pas. Un véhicule le percute de plein fouet sur le passage pour piétons. Transporté en hélicoptère au CHU de Reims, il est, quelques heures plus tard, déclaré en « mort cérébrale ».

La première douleur passée, nous nous interrogeons sur le sens de la vie et de la mort. J'insiste alors auprès du médecin de service pour savoir si on peut faire des dons d'organes. Le surlendemain, nous sommes de retour au CHU. On nous explique que l'on a pu prélever cinq organes sur notre fils : le foie, le pancréas, les deux reins et les deux valves du cœur. Benjamin parait dormir sereinement. Son frère et sa sœur viennent lui dire un dernier au revoir. Pour nous, il est évident que les greffes ont réussi pour les personnes à qui elles étaient destinées, ne serait-ce que pour commencer à faire notre deuil.

Ce n'est que bien des années plus tard que, alors en garnison près de Libourne, j'ai rencontré l'association ADOT33 qui tenait un stand dans les allées d'un grand magasin.

Bien m'en a pris, car j'ai pu, par la suite, avoir des nouvelles des greffons : ainsi, sur les cinq du départ, quatre ont été renouvelés (c'est le lot des greffons d'enfant après environ 15 ans de bons et loyaux services) et le dernier est toujours en activité. Les cinq enfants qui doivent avoir entre 25 et 28 ans aujourd'hui sont en pleine santé. Au sein de l'association, fédérée au niveau national, je porte témoignage avec mes amis greffés du cœur, poumons, reins, cornée, moelle osseuse...

Pour toucher le plus de public, nous axons notre action dans les collèges, lycées, facultés, écoles d'infirmières, lors des manifestations sportives , lors de forums, sur demande, dans les sociétés . . . .

Henri PEPICQ.